Prémière génération des Pères
En 1952, Mgr Pierre Bonneau, Evêque de Douala, conscient de l'importance de l'éducation dans une jeune chrétienté décida de fonder un collège d'enseignement général dans son diocèse. La fondation du collège fut confiée à une équipe de Spiritains et de Dominicains sous la direction du P. Gabriel BOULANGER (Spiritain).
Très vite, devant l'ampleur du travail d'évangélisation par les missionnaires sur le terrain, il fallut chercher d'autres bras. C'est alors qu'on fit appel à la Compagnie de Jésus. A partir de 1957, le collège fut confié aux jésuites. Le P. DURAND-VIEL, alors Provincial de Paris, décida d'envoyer une équipe chargée d'assurer la relève à Douala. C'est ainsi que le Père Luc-Antoine BOUMARD (Recteur), le Père Jean GELI (Préfet des Etudes), Charles JACQUET (Père Spirituel) furent envoyés pour continuer la mission commencée par la première équipe.
L'édification du collège fut graduelle :
- 1952: Ouverture d'une classe de 6è (environ 20 élèves)
- 1953: Ouverture d'une classe de 5è
- 1954: Ouverture d'une classe de 4è et d'une seconde 6
- 1955: Ouverture d'une classe de 3è et d'une seconde 5è(186 élèves)
- 1956: Ouverture d'une classe de Seconde (215 élèves)
- 1958: Ouverture d'une classe de Première
- 1959: Ouverture d'une classe de Terminale
En 1959, à la veille de l'indépendance du Cameroun, le collège disposait de toutes les classes, de la sixième à la terminale. L'objectif particulier de l'équipe jésuite d'alors était de former des jeunes camerounais capables de prendre en main la destinée de leur pays. Pour cela, il fallait que la chance soit donnée à tous de faire de bonnes études, nantis et pauvres, fils de paysans ou de bourgeois, citadins ou campagnards. C'est ce qui explique que quelquefois, au prix des aventures héroïques, les Pères se rendaient dans des villes ou villages avoisinants pour recruter de nouveaux élèves.
Mais l'objectif particulier fait justement partie d'un objectif plus large de l'éducation jésuite : la formation intégrale de l'homme. Le jeune qui entre dans les collège est sûr d'y trouver une bonne formation dans les sciences requises pour son époque. L'équipe jésuite et leurs collaborateurs laïcs s'assurent que les cours octroyés correspondent à ce qui est attendu pour le jeune à ce moment précis de son éducation. Mais en même temps, la dimension spirituelle n'est pas oubliée. Pendant sa formation, le jeune reçoit des cours et un accompagnement qui le rend sensible à la dimension spirituelle de sa vie. Cela se fait dans un environnement où les éducateurs pratiquent ce qu'il est convenu d'appeler dans le jargon de la pédagogie ignatienne la Cura Personalis, c'est-à-dire l'attention spéciale accordée à chaque enfant pour lui-même. L'enfant est perçu comme un être doté de grandes richesses à développer et des limites qu'il faut aider à dépasser.
La mission commencée par les pionniers envoyés depuis la France par le Père Durand-Viel, par la grâce de Dieu, se poursuit toujours. Actuellement sept jésuites africains travaillent au collège Libermann sous la direction du Recteur, le Père Damien Kono, sj. L'équipe jésuite est vaillamment aidée par des laïcs : 26 personnes travaillent dans l'administration et l'entretien, 36 professeurs permanents et 32 professeurs veillent à l'éducation des 1457 él&erave;ves que comporte l'établissement. Comme toujours, l'équipe formatrice se veut au service de la formation intégrale de l'homme, un homme ouvert aux autres et à Dieu dans le respect des différentes traditions humaines et religieuses.








